« l’arrêt de la violence comme préalable à toute négociation… »

L’arrêt de la violence comme préalable à toute négociation…

Depuis le 25 juin 2014, le FLNC a « décidé unilatéralement, d’enclencher un processus de démilitarisation et une sortie progressive de la clandestinité » mettant ainsi un terme à 38 ans de lutte armée. Mais ce préalable ainsi exaucé a-t-il véritablement changé la donne ?

Les élections de décembre dernier ont été marquées par un fort taux d’abstention… la légitimité de l’Assemblée de Corse doit-elle être remise en cause pour autant ? Pour rappel, l’abstention aux dernières territoriales en Corse a été de 47,83% des inscrits… mais alors, revenons un moment sur l’abstention aux législatives françaises de 2017 qui a atteint un record avec 57,40% !!! Depuis 1958, jamais des législatives n’avaient si peu attiré les électeurs français. Et la légitimité de l’Assemblée Nationale française a-t-elle été remise en cause par qui que ce soit ? JAMAIS !!!

Si l’on tient compte du dépôt des armes par le Front et du résultat des élections de décembre, toutes les conditions étaient remplies pour un véritable dialogue avec Paris. Que l’on ne nous dise pas que les territoriales ne portaient pas sur un statut d’autonomie !!! Bien évidemment, pour une immense majorité, ceux qui se sont rendus aux urnes ont plébiscité une liste qui prônait l’autonomie, voire l’indépendance.

Il y a peu, Hervé Morin, (Président de l’Association des Régions de France) déclarait ceci : « Le gouvernement n’a pas, jusqu’alors, entendu le message des Corses… » … « non ce n’est pas qu’une élection locale, c’est un fait politique majeur… »

 

Le paradoxe de ce gouvernement est tout de même la négation d’une « question corse » et à plus forte raison d’un « problème corse » mais qui, dans un même temps, nomme une « Madame Corse ». Avons-nous déjà entendu parler d’un « Monsieur Limousin Poitou-Charentes » ?

A quoi sert Madame Jacqueline Gourault ? Pour le moment, nous ne pouvons que constater l’ignorance qu’elle a du « dossier » corse (puisqu’il n’y a ni question corse, ni problème corse… accordons-nous sur le mot « dossier »). « Il n’y a qu’un peuple, c’est le peuple français et il n’y a qu’une langue », a-t-elle insisté tout en soulignant que « la langue corse est un patrimoine » et que « les habitants de la Corse aiment leur langue ». « Il faut les aider, nous les aidons déjà », a-t-elle déclaré. 

Nos élus devraient refuser un dialogue stérile avec quelqu’un qui a été parachuté Madame Corse, du jour au lendemain, et qui ne connait rien de notre île.

Benjamin Griveaux, porte parole du gouvernement, nous a accordé hier le droit à manifester … anc’assai !!! Celui-la même qui déclarait sur France 2 : «  »D’abord, ce scrutin, faisons-en ce qu’il en est, à savoir une élection territoriale. Ce n’était pas un scrutin sur l’autonomie, sur l’indépendance ou un référendum, c’était d’abord un scrutin territorial sur l’avenir de la Corse, le développement économique, les transports, l’accès aux soins, bref, ce qui fait la vie d’une collectivité ». A n’en pas douter, si un front républicain avait vu le jour et avait pu présenter une liste remportant 46,5% des suffrages, les observateurs parisiens auraient crié à la victoire d’un statu quo et au refus d’une quelconque autonomie… c’est aussi ça la démocratie française : nier le caractère et la dimension politique de ces élections !!!

Appel à manifester. Certes, l’intérêt d’une manifestation à 3 jours de la venue d’Emmanuel Macron est discutable mais elle a l’avantage de mobiliser les troupes sur le terrain. Bien évidemment, nous aurons droit aux sempiternels comptages « selon la police et selon les manifestants… ». Il n’en reste pas moins que la plus grande des mobilisations date du 10 décembre dernier, dans les urnes !!!

L’Etat français n’aura pas d’autre choix que celui de se plier aux résultats hautement politique de ces élections, faute de quoi, un bras de fer dangereux risque de s’engager… et plus grand monde ne désire revivre les années noires !!!

 

 

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