Videò di u discorsu di u Presidente di l’Assemblea di Corsica, Ghjuvan Guidu TALAMONI

Session de l’Assemblée de Corse Le 27 juillet 2017 Discours du Président Jean-Guy TALAMONI*
Chers collègues,
Avant de débuter et de revenir sur le sujet des incendies, je veux saluer le Président Dominique Bucchini, qui a été opéré hier. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et un retour rapide parmi nous.
Par ailleurs, je veux avoir une pensée pour le Père Hamel, assassiné il y a un an à Saint-Etienne du Rouvray, victime de la folie et de la haine.
Enfin, sur un autre plan, je veux dire aux salariés du Sporting Club de Bastia, à ses partenaires et à tous ses supporters combien nous sommes préoccupés par le sort sportif et social du club. Nous sommes toujours en lien avec les acteurs économiques pour trouver une solution, même si nous savons que la situation est critique.
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En raison de la reprise de l’incendie à Furiani, cette session a pris une tournure particulière. Nous avons voté il y a quelques minutes deux résolutions, notamment pour que des moyens supplémentaires soient mis rapidement à disposition des SDIS. En ce moment-même, nous suivons l’évolution du feu de Furiani et nous appelons tout le monde à la prudence. Nous ne le dirons jamais assez, félicitations et merci à tous les pompiers de Corse.
Cette saison est plus difficile que jamais. Elle a commencé tôt avec les feux de Bunifaziu. Nous étions alors intervenus auprès du Premier ministre pour que soient interdits les exercices militaires en période de sécheresse. Nous n’avons pas été entendus. À Casta, la légion étrangère a provoqué un incendie un mois plus tard. En juillet, la Sécurité civile a positionné un seul Canadair en Corse. Le second était en panne. Alors, comme toujours, nous cherchons nous-mêmes des solutions, chez nous et autour de nous.

Accroître les moyens aériens de lutte et la coopération internationale
Notre Assemblée n’a pas attendu le feu de Biguglia pour chercher d’autres moyens aériens de lutte. Elle a adopté le 1er juin une motion pour construire une coopération de lutte contre les feux. Le 4 juillet, avec le Président sarde Gianfranco Ganau et le Conseil permanent corso-sarde, nous avons validé cet accord de coopération entre nos deux îles. L’Assemblea di a Giuventù a, elle aussi, adopté une motion relative aux feux de forêt. Je reviendrai plus tard sur ces deux points à travers deux rapports.
Au-delà de ces accords, je pense que le déclenchement de cette coopération ne doit passer ni par Rome ni par Paris mais par des relations horizontales et directes. Il nous faut pouvoir demander ou répondre directement aux besoins de coopération internationale. C’est une question d’efficacité et de bon sens. La verticalité est, en France, un héritage idéologique et négatif d’un autre temps. Malheureusement, nous le constatons de nouveau aujourd’hui.
On sait dans le monde actuel à quel point la question du temps est primordiale, on sait combien les dégâts peuvent être importants si l’on attend trop. Sur ce point, je tiens à remercier les Italiens qui nous ont envoyé un avion. Cette solidarité est un acte majeur qu’il nous faut saluer.
Changement climatique : construire une vision stratégique
Nous ne faisons pas l’aumône à l’Etat. Nous lui disons que, a fortiori dans le contexte de changement climatique, nous avons besoin de moyens adaptés à la Corse et aux dangers que peut provoquer la nature. Feux et sécheresse l’été, inondations l’hiver : la Corse n’a jamais connu autant de catastrophes naturelles que ces derniers mois. Selon les experts du GIEC, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes est liée au changement climatique. Cela devrait donc s’aggraver.
Si nous cherchons des solutions, à notre niveau, pour réduire le poids de l’Homme sur ce changement climatique et environnemental, il nous faut également trouver des solutions pour nous adapter à ce changement majeur, au-delà du « sauve-qui-peut » les jours de crise, de feu ou de tempête. Je crois que nous avons besoin de multiplier les échanges avec les chercheurs de l’Université de Corse. Ce sera à eux d’inventer et de créer les solutions que nous devrons choisir et soutenir. Il nous faut donc construire la collaboration entre le politique, le scientifique et les acteurs sociaux de terrain.
Dans le domaine des incendies, c’était le sens de toutes les décisions que nous avons prises ces derniers temps, depuis la délibération du 1er juin, jusqu’au vote des résolutions aujourd’hui.
En ce moment particulier, il me semblait important de rappeler à l’Etat que notre Assemblée et le Conseil Exécutif avaient anticipé cette situation critique et que, une nouvelle fois, pour notre part, nous prenons nos responsabilités.
Je vous remercie.

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